TwitterFacebookRSS

Trois questions à Mr. Mustapha Bakkoury Président de la région Casablanca-Settat

1-Le SMAP a mis cette année la Région de Casablanca-Settat à l’honneur, vous êtes Président de la Région depuis 2015, pouvez- vous nous parler des grands projets structurants pour la Région et quelles sont les grandes étapes du développement ?

M.B : Le processus de régionalisation avancée au Maroc, voulu comme une réforme globale et structurelle, s’adresse à l’ensemble des acteurs territoriaux appelés à innover en mettant en place les nouveaux mécanismes de la gouvernance du développement territorial, afin de porter à maturité la dynamique de changement engagée. Pour accompagner ce nouveau découpage territorial, la loi organique 111-14, adoptée fin janvier 2015, prévoit de nouvelles prérogatives et attributions dévolues aux Régions. L’article 83 de cette loi précise l’obligation pour le Conseil Régional de définir un Programme de Développement Régional (PDR). La Région est ainsi plus que jamais l’acteur de référence pour la définition et la mise en oeuvre de la stratégie de développement de la Région, et ce en parfaite coordination et synergie avec l’ensemble de ses partenaires au niveau national,régional et local.

Cette étape de décentralisation est primordiale dans le sens qu’elle nous permet d’entreprendre de nouvelles dynamiques dans le cadre de politiques publiques mais à l’échelle régionale. Ce faisant, notre mission est plus vital que jamais pour le devenir de la région Casablanca Settat. Notre souci majeur est de construire les bases comportementales et fonctionnelles de la région de demain. Nous ambitionnons de faire de l’espace régional un territoire à haute compétitivité internationale. Le conseil de la région, en tant que dépositaire de la mission de développement régional vise la réduction des inégalités infrarégionales et la mise à niveau des structures d’accueil des établissements publiques. Il est également question d’encourager le partenariat public-privé et de soutenir l’effort public d’équipement des communes rurales désavantagées et des zones urbaines sous-équipées.

La tendance s’oriente vers des activités à plus haute valeur ajoutée avec une modernisation des secteurs existants et le développement de nouveaux métiers. Le PDR prévoit 160 projets de développement d’ici à 2021, pour un montant total de 115 milliards de dirhams portés par des acteurs publics et privés. Cette enveloppe, sera investie dans cinq grands axes stratégiques et qui se déclinent en projets liés à « l’Environnement », « Milieu rural intégré », « Attractivité socioculturelle et qualité de vie », « Transport » et « Entreprise, innovation et emploi ». Ainsi la Région a lancée le programme MASSALEEK qui renforce l’engagement de la région en faveur de sa population rurale et vise à permettre aux habitants et visiteurs des douars et communes rurales d’emprunter des pistes dans des conditions acceptables quelque soit la saison. La région a initié ce programme avec une démarche innovante visant à aménager environs 4500 km de pistes en 30 mois.

La Région est aussi impliquée dans d’autres projets d’envergure notamment le Super Collecteur Ouest pour la protection de la Ville de Casablanca contre les crues de l’Oued Bouskoura, le Grand Théâtre de Casablanca qui se présente comme étant l’un des plus importants complexe culturel d’Afrique et du monde Arabe. Un espace multidisciplinaire dédié à tous les arts de la scène : Théâtre, Danse, Musique, Comédie musicale... ce haut lieu de culture pourra accueillir tout au long de l’année, des manifestations et spectacles culturels et artistiques de dimension internationale. Le tramway qui va permettre aux Casablancais de bénéficier d’un mode de transport en commun en site propre, rapide et sécurisé, destiné à faciliter leurs déplacements à travers la ville. L’Aménagement de la Forêt de Bouskoura Merchich vise à offrir une forêt saine et accueillante pour les promeneurs et usagers tout en assurant une gestion durable des peuplements et écosystèmes forestiers.

2-Sur le plan immobilier quelle politique allez-vous mettre en oeuvre pour répondre aux nouveaux besoins et nouvelles contraintes liés à la nouvelle dynamique économique de la Région ?

M.B : Le secteur immobilier marocain est l’un des plus actifs du tissu économique vu sa contribution importante dans le PIB et dans la création d’emplois. Il revêt un intérêt stratégique puisque affecte profondément la performance économique.

Ajouter à cela, le Maroc a pu appliquer les standards internationaux pour combler les besoins de modernisation. Ses changements se sont effectués notamment avec des programmes tels que « villes nouvelles », « villes sans bidonvilles ». Aujourd’hui il nous incombe de prendre les mesures nécessaires pour l’évolution de ce secteur pour être en phase avec les mutations économiques qui s’opèrent au niveau national et international, notamment réduction des coûts immobiliers par une optimisation des emprises foncières (libération de sites, regroupements, changement d’affectation, réduction des frais d’exploitation, Améliorer le niveau de services et l’amélioration de l’adéquation de l’immobilier aux besoins et en particulier à l’évolution des besoins (nouveaux modes de travail).

3-Valérie Pécresse s’est rendue à Casablanca en décembre 2016 pour sceller le partenariat entre sa Région et celle de Casablanca-settat , qu’attendez-vous de ce rapprochement ? en quoi est-il stratégique pour votre Région ?

M.B : Entre des territoires historiquement et structurellement interdépendants et fort d’une communauté de destin, la coopération entre la Région Casablanca-Settat et la Région de l’Ile de France prend des formes multiples et intervient dans des domaines d’actions très variés visant la mise en oeuvre d’un développement intégré, adapté aux spécificités de chaque territoire afin de canaliser les énergies, tisser des liens, créer des réseaux de solidarité et sceller les fondements d’une nouvelle culture basée sur l’échange et le partage.

Ce partenariat porte, sur plusieurs domaines tels que le développement économique et l’emploi (en offrant par exemple un cadre privilégié aux investissements croisés), la recherche et l’innovation (partenariats entre universités franciliennes et marocaines), l’éducation et la formation (notamment par le biais d’échanges d’expériences entre les centres de formation par alternance et les lycées professionnels français et marocains), le développement durable, les énergies renouvelables et la transition énergétique, mais aussi l’aménagement du territoire, l’urbanisme et les transports publics. L’une des premières concrétisations de ce rapprochement est l’organisation du Forum de l’innovation « Futur.E.S in Africa », qui s’est tenu à Casablanca pour tirer profit de l’expertise française en termes d’accélérateurs de startups et des incubateurs.